Saint Jean-Baptiste restauré

Léonard de Vinci, Saint Jean Baptiste, bois, 0,69 mX0,57 m, [http://cartelfr.louvre.fr/cartelfr/visite?srv=car_not_frame&idNotice=13846].

Léonard de Vinci, Saint Jean Baptiste, 1513, bois, 0,69 mX0,57 m, [http://cartelfr.louvre.fr/cartelfr/visite?srv=car_not_frame&idNotice=13846].

Saint Jean Baptiste fait parti des oeuvres les plus connues de Leonard de Vinci. Datant de 1513, elle a été l’une des dernières oeuvres de la vie du génie italien(1). Depuis plus de deux siècles, le tableau de Leonardo est conservée au musée du Louvre. Nécessitant une restauration importante, celle-ci a fait l’objet d’une annonce par le musée le 14 janvier dernier. En effet, si le Saint Jean Baptiste de Leonardo n’accède pas à la restauration, le public « ne pourra plus voir l’œuvre d’ici quelques années »(1). La Joconde du musée du Louvre, La Saint Anne ainsi que Le Saint Jean Baptiste(2) faisait partie des trois oeuvres qui ont suivis Leonardo jusqu’en France pour rejoindre la Cour de François Ier à Ambroise(1). En effet, la datation de Saint Jean Baptiste reste encore incertaine puisque leonardo jusqu’à la fin de sa vie, n’a sans cesse travailler sur ce tableau.

Saint Jean Baptiste fait parti de l’un des trois tableaux peint par Leonardo a subir une restauration. En effet quelques années auparavant, la Sainte Anne ainsi que la Belle Ferronnière ont été restaurées.(2) À présent, il s’agit de s’occuper de Saint Jean Baptiste. L’Oeuvre est très sombre dans sa composition. Le personnage de Saint Jean Baptiste est complètement englouti dans cette profonde noirceur. Le but de la restauration étant de retirer une à une les dizaines de couches de vernis(3) qui empêchent la véritable vision de l’oeuvre. Sous ces couches de vernis, se cachent une croix en roseau ainsi qu’une partie de la chevelure de saint Jean Baptiste.

Bien que l’organisation de la restauration de ce Saint Jean Baptiste se fasse par le biais du musée du Louvre, il n’en reste pas moins que certain conservateurs soit contre l’entretien de ce tableau. Selon Carlos Pedretti, historien de l’art et titulaire d’une chair d’étude à l’université de Los Angeles, il est dit qu’« il est contre les restaurations en général, à moins que la survie de l’œuvre ne soit menacée […]. Léonard de Vinci pensait que le temps ferait son œuvre sur sa toile. Un rien peut détruire l’œuvre. La restauration des tableaux de Léonardo est devenue une manie contagieuse des musées pour se faire de la publicité. »(3)

Cependant, le fait d’avoir restauré cette famille de saints présent au Louvre, aura permis de remettre les tableaux en lumière.

M. P-A.

  1. Sophie Cachon, Peinture, Le “Saint Jean-Baptiste” de Leonard de Vinci va être restauré, Télérama, Publié le 14/01/2016. Mis à jour le 14/01/2016, consulté le 20/04/2016, [http://www.telerama.fr/scenes/le-saint-jean-baptiste-de-leonard-de-vinci-va-etre-restaure,136893.php].
  2. Florence Ervin, Au Louvre, le « Saint Jean Baptiste » de Léonard de Vinci va être restauréLe Monde, consulté le 20/04/2016, [http://www.lemonde.fr/arts/article/2016/01/14/au-louvre-le-saint-jean-baptiste-de-leonard-de-vinci-va-etre-restaure_4847568_1655012.html].
  3. Dominique Dunglas, Italie : faut-il restaurer le « Saint Jean-Baptiste » de Léonard de Vinci ? Le Point, Publié le 10/02/2016 à 12:46, consulté le 20/04/2016, consulté le 20/04/2016, [http://www.lepoint.fr/arts/italie-faut-il-restaurer-le-saint-jean-baptiste-de-leonard-de-vinci-10-02-2016-2016792_36.php].

Les études d’anatomie de De Vinci

Le documentaire présenté cette fois ci, qui dure 15 minutes, concerne les travaux de Léonard de Vinci sur l’anatomie humaine. Après une brève introduction sur le début de la vie du peintre, ce très court film nous résume ce qu’a fait Léonard vis à vis de ses recherches sur l’anatomie, illustrés par ses dessins, en fonction du contexte et des moyens dont il disposait à l’époque.

Nous savons que Léonard de Vinci était un grand peintre, un érudit, et un grand scientifique. Il s’intéressait à un grand nombre de domaines plus diversifiés les uns que les autres et nous offre à chaque fois des découvertes et des redécouvertes très innovantes et avant gardiste. C’est ainsi qu’il s’attacha à un moment donné à l’étude des corps.

Illustrer par un grand nombre de dessins, et par ces écrits détaillés, Léonard débute ses réflexions par la tête, qu’il examine à partir de crânes humains. Il dessine sous tout les angles possible ce qu’il voit avec précision, et se concentre plus particulièrement sur l’œil, qui le passionne tout simplement parce que c’est un grand observateur.

Inspiré des travaux de Claudius Galien et Mondino de Luzzi, il se documente sur l’anatomie. Mais la dissection étant un sujet prohibé et souvent mal vu pendant longtemps, les moyens nécessaires à la dissection, c’est à dire les corps humains, n’était pas accessibles. Cependant, comme nous explique le documentaire, De Vinci réussit à avoir l’autorisation de disséquer des corps de suppliciés. Il fait ainsi ces premiers constats sur les organes, les muscles et les os, qu’il s’applique à dessiner avec minutie et avec le plus de réalisme possible. C’est ce qui fait la particularité de Léonard : il s’entraine au dessin à partir de cadavres qu’il dissèque et qu’il étudie, ainsi son savoir sur le corps humain, sur les mouvements, sur chaque détails est immense et il le prouve grâce à ses œuvres, qui ont marqués les esprits.

C’est ainsi, grâce à ses observations, qu’il découvre que le cœur est un muscle, qu’il découvre l’appendice ou encore qu’il dessine avec tous ses plus fins détails la colonne vertébrale … Les recherches anatomiques de Léonard de Vinci ont suscités bon nombres d’attaques à l’époque contemporaine du peintre. Néanmoins, elles ont fait progresser de manière considérable les études de science et de médecine au cours des siècles. André Vésale s’est par ailleurs beaucoup inspiré des études de De Vinci dans son livre Fabrique du Corps Humain.

A la fin du documentaire, c’est sur « le caractère éphémère de la vie », telle que le dit la voix off, que se captive le peintre. Quelles sont les facteurs provoquant la mort ? Léonard s’interroge et fini par conclure en décryptant ce qu’est l’artériosclérose. C’est d’ailleurs des suites de cette maladie que le grand Léonard de Vinci s’est éteint au château d’Amboise, après l’avoir longuement étudié, comme un dernier adieu à la science.

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CJanna.

The Da Vinci Code: Mythe ou Réalité?

Ce documentaire en anglais dure 45 minutes et est disponible sur Youtube. Il met en lumière l’enquête de Dan Brown, et suit le fil de cette-dite enquête grâce à des professionnels afin de savoir si ce que l’auteur du Da Vinci Code raconte dans son livre, ou dans le film qui s’en est inspiré, pourrait être la vérité sur l’histoire de Jésus.

La voix off nous explique que dans l’histoire du Da Vinci Code, il est dit que Jésus et Marie Madeleine étaient mariés et ont eu un enfant. Ainsi le documentaire va tenter de prouver cette hypothèse.

L’auteur, Dan Brown, commence son enquête par le meurtre de Jacques Saunier, conservateur au musée du Louvre. Nous suivons l’enquête par le biais de sa petite fille Sophie Neveu et d’un spécialiste des symboles Robert Langdon. Peu à peu ces deux personnages nous ouvrent le chemin vers une découverte : il semblerait, selon l’histoire, que le Saint Graal ne soit pas une coupe, mais une personne, et plus particulièrement la descendance du Christ et Marie Madeleine.

Toute l’affaire est de ce fait tournée vers Léonard de Vinci. Le romancier affirme que le peintre faisait partie du Prieuré de Sion, qui est une organisation religieuse ayant pour but de protéger le secret sur la descendance du Christ. Il en aurait été le chef, à l’instar de Jacques Saunier. C’est pourquoi, de l’Homme de Vitruve à la Cène, en passant par le Cryptex, Léonard de Vinci est au cœur de l’intrigue.

Fable ou fait réels, le mythe du lien entre jésus et Marie Madeleine est discuté. Il n’en ai pas moins vrai que la Cène ne suit pas les codes de représentations de l’époque : le Christ et ses apotres ne sont pas auréolés, Judas n’est pas mis à l’écart par rapport au reste du groupe, et il n’y a pas de coupe du Saint Graal sur la table. Quant à la présence de Maire Madeleine aux cotés du Prophète, elle est encore controversée mais envisageable. Ce tableau célèbre contient-il des messages concernant la relation entre les deux protagonistes ? Les textes apocryphes parlent de baiser sur la bouche, et de paroles du Christ désignant Maire Madeleine comme « sa femme ».

Le cryptex quant à lui, associé à Léonard de Vinci comme étant une de ses inventions, est un objet dont le mécanisme complexe permettait de garder une chose secrète. En ayant la bonne combinaison, on peut l’ouvrir, ou le détruire en ayant la mauvaise, grâce à du vinaigre propagé sur le papyrus. Il aurait été dessiné par le peintre dans son Codex, mais le documentaire nous démontre que ce n’est pas la même machine que dans le livre de Dan Brown. Cet instrument est donc, semble-il, une invention de l’auteur et non une invention de l’ingénieur.

The Da Vinci Code est un livre qui a beaucoup fait parler de lui depuis sa publication, tant sur le plan religieux que sur le plan historique et artistique. Toutes les hypothèses citées dans ce livre (la relation maritale entre Jésus et Marie Madeleine, la paternité du Christ ou encore le Prieuré de Sion auquel aurait appartenu De Vinci) sont en débat et créent le doute, mais nous incitent surtout à réfléchir sur ce sujet.

CJanna.

La Bataille d’Anghiari, une oeuvre qui refait surface

Léonard de Vinci, Bataille d'Anghiari (détail), 1503-1505, fresque, [https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Bataille_d%27Anghiari_(Léonard_de_Vinci)#/media/File:Leonardo_da_vinci,_Battle_of_Anghiari_(Tavola_Doria).jpg].

Léonard de Vinci, Bataille d’Anghiari (détail), 1503-1505, fresque, [https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Bataille_d%27Anghiari_(Léonard_de_Vinci)#/media/File:Leonardo_da_vinci,_Battle_of_Anghiari_(Tavola_Doria).jpg].

La représentation de la Bataille d’Anghiari était connu sous la forme du dessin de Rubens datant de 1603. Cependant Léonard de Vinci a été l’un des premiers artistes à peindre une fresque de cette Bataille vers 1503, qui a été inachevée(1) après son départ de Florence. Artiste majeur de la Renaissance italienne, Leonardo a su se démarquer des autres artistes avec des techniques qui lui ont été propres et qui ont également permis de le reconnaitre aujourd’hui.

Emplacement de la Bataille d'Anghiari de Leonardo da Vinci dans la salle des Cinq-Cent, [https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Bataille_d%27Anghiari_(Léonard_de_Vinci)#/media/File:B_Anghiari_location.jpg].

Emplacement de la Bataille d’Anghiari de Leonardo da Vinci dans la salle des Cinq-Cent, [https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Bataille_d%27Anghiari_(Léonard_de_Vinci)#/media/File:B_Anghiari_location.jpg].

En mars 2012, le Huffingtonpost publie un article sous le nom de Léonard de Vinci : une fresque perdue émerge à Florence(1). À travers cet article, le lecteur a pu comprendre et « retracer » la découverte de la Fresque de la Bataille d’Anghiari peint par Leonardo. En effet, l’article met en avant toutes les étapes qui ont permis d’identifier l’œuvre de Leonardo . Longtemps pensé comme détruite au XVIème siècle(3), celle-ci est alors découverte. Par la suite, elle sera rebaptisée The Lost Leonardo(1) par les scientifiques. La fresque est alors retrouvée derrière la Bataille de Marciano peint par Giorgio Vasari en 1563. Originaire de la salle des Cinq-Cents au Palazzo Vecchio de Florence, la fresque aurait disparue jusque dans les années 1555-1567(2). Ce serait Vasari qui aurait découvert la fresque d’après la rénovation du Palazzo Vecchio à la demande de Cosmes Ier de Médicis au lendemain de la guerre de Sienne(3).

Un professeur de l’Université de San Diego en Californie du nom de Maurizio Seracini s’intéresse depuis plusieurs années à cette œuvre de Leonardo. C’est alors qu’en mars 2012, date à laquelle a été rédigé l’article du Huffingtonpost, qu’un communiqué officiel du National Geography Society a été publié. Ce communiqué, annonce les résultats des recherches entreprise par Seracini accompagné d’une équipe de chercheurs et démontre que d’après des prélèvements d’échantillons effectués derrière la Bataille de Marciano, il a pu être prouvé qu’il s’agissait bel et bien de la peinture de Leonardo.(3)

Enfin, depuis quelques années, de nombreux tableaux ont pu être retrouvées entre autres grâce à ces différents chercheurs en histoire de l’art ainsi qu’avec de nouvelles avancées scientifiques. En effet, ces recherches permettent de faire avancer des hypothèses souvent abandonnées des années auparavant. De plus comme nous avions pu le voir, ces dernières années ont été marquées par de nombreuses découvertes dont l’Origine du Monde de Courbet, ainsi que « Earlier Mona Lisa » de Leonardo.

M. P-A.

  1. Léonard de Vinci : une fresque perdue émerge à Florence, 12/03/2012, http://www.huffingtonpost.fr, consulté le 10/04/2015.
  2. Clio Weickert, De “L’Origine du monde” à la “Joconde” du Prado, les récentes énigmes de l’art, Publié le 15/02/2013. Mis à jour le 18/02/2013, http://www.telerama.fr, consulté le 10/04/2015.
  3. Véronique Merieux, « De la République au Duché. Les enjeux idéologiques de la représentation des batailles toscanes dans le Salon des Cinq-Centsdu Palais de la Seigneurie (1505-1565) », Cahiers de la Méditerranée [En ligne], 83 | 2011, mis en ligne le 15 juin 2012, consulté le 10 avril 2016. URL : http://cdlm.revues.org/6116.

Une version antérieure de la Joconde retrouvée

Une vidéo a été publiée par la Mona Lisa Foundation dans laquelle elle explique la découverte d’une « Seconde Mona Lisa » peinte par Leonard de Vinci. En réalité, il s’agirait plutôt d’une première version de la Joconde qui a probablement été un travail préparatoire(1) dans un premier temps mais qui semble être resté inachevé(1). Selon Joël Feldman le secrétaire générale de la Fondation Mona Lisa, « Raphaël, qui était étudiant de Léonard en 1504, a fait une esquisse de ce qui se passait dans le studio de Léonard. Et il montre très clairement que la Mona Lisa que Léonard est en train de peindre a deux grosses colonnes ioniennes sur le côté. Ce qui n’est absolument pas présent dans le tableau du Louvre. Cela montre que Léonard de Vinci a peint cette autre Mona Lisa »(1). De plus, selon une interview de Joël Feldman à France Info(1) en janvier 2015, ce travail préparatoire de 1503 aurait été peint à Florence pour le mari de Lisa Gherardini, un marchand florentin alors que la Joconde de 1513 a été peinte à Rome(1).

Selon la Mona Lisa Foundation, le portrait de la jeune femme aurait été peint dix années plus tôt que la Joconde de 1513 qui est actuellement exposé au musée du Louvre. Pour la première fois exposée au The Arts House de Singapour, ce portrait a été acquit par un aristocrate anglais vers 1770(2) puis a été découvert en 1913 par un collectionneur d’art alors qu’il rendait visite à un aristocrate britannique à Somerset(2).

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Leonardo, La Joconde, huile sur panneau de vois (peuplier), 0,77cmX0,53cm, 1513 (à gauche); Leonardo, The ‘earlier’ Mona Lisa, 1503 (à droite).[http://www.bbc.com/news/entertainment-arts-30485061].

En effet, on peut parler de deux « Mona Lisa » car les deux portraits sont très similaires au niveau de la posture ainsi que de la ressemblance physique de la jeune Lisa Gherardini(3). Cependant, ils sont différents au niveau de la dimension du tableau ainsi que dans la composition avec la présence de « colonnes ioniennes sur les deux côtés »(1). En 1952 a été célébré le 500ème anniversaire de la naissance de Leonardo, à cette occasion a été comptabilisé environ 70 copies de la Joconde selon l’auteur Angela Ottino della Chiesa. D’après de nombreux éléments retrouvés dans les diverses copies, seules deux portraits sont comptés comme les « originaux »; « Earlier Mona Lisa » et la Joconde du Louvre(4).

Enfin, dans la vidéo de la Mona Lisa Foundation ainsi que dans de nombreuses publications, le portrait de la « Jeune Mona Lisa » datant de 1503 a été sujet à de nombreux désaccords concernant la fiabilité de l’artiste mais également de ses origines. En effet, il est montré que de nombreux tests et analyses ont été effectués.(2-5)

M. P-A

  1. SAHNOUNE Yacine, Une autre Mona Lisa peinte 10 ans plus tôt par Léonard de Vinci ?, jeudi 15 janvier 2015 14:32, mis à jour le jeudi 15 janvier 2015 à 15h57, consulté le 10/04/2016, [http://www.franceinfo.fr/culture-et-medias/expos-spectacles/article/une-autre-mona-lisa-aurait-ete-peinte-10-ans-plus-tot-par-leonard-de-vinci-631387].
  2. Disputes ‘earlier Mona Lisa’ goes on display in Singapore, Entertainment & Arts, 16 décembre 2014, consulté le 10/04/2016, [http://www.bbc.com/news/entertainment-arts-3048506].
  3. SCAILLIÉREZ Cécile, Portrait de Lisa Gherardini, épouse de Francesco del Gioconda, Département des Peintures : Peinture italienne, consulté le 10.04.2016, [http://www.louvre.fr/oeuvre-notices/portrait-de-lisa-gherardini-epouse-de-francesco-del-giocondo].
  4. Comparative study, [http://monalisa.org/2012/09/12/comparative-study].
  5. Mona Lisa in the news, consulté le 10/04/2016, [http://monalisa.org/2013/01/17/mona-lisa-in-the-news/].

Milan sur les pas de Leonard de Vinci, l’enfant du pays

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C’est à partir de l’article intitulé Milan sur les pas de Leonard de Vinci, l’enfant du pays, publié dans le Télérama le 21 avril 2015 que nous avons conduit une réflexion autour de l’exposition consacrée à Léonard de Vinci.

L’exposition a ouvert ses portes en plusieurs lieux de la ville de Milan le 1er avril 2015 et consacre le génie du peintre Leonard de Vinci dans la ville où il vécut une vingtaine d’années. Pour la capitale de la Lombardie, pouvoir célébrer cet artiste protéiforme puisqu’il fut à la fois, ingénieur, architecte, musicien et peintre fut l’occasion de grandes manifestations culturelles.

Léonard de Vinci (1452-1519) archétype de l’humaniste de la Renaissance était né à Florence mais vécut deux décennies à Milan au tournant du XVIe siècle au service du tout puissant duc Ludovico Sforza.

L’article nous éclaire sur les œuvres qui furent présentées aux visiteurs durant cette exposition. Il nous informe également sur les faits marquants de sa vie, l’ampleur de ses spéculations intellectuelles mais aussi sur sa personnalité.

Les œuvres évoquées par l’auteur comptent parmi les plus connues, ainsi en va-t-il de La Scène (qui est un chef-d’œuvre en voie de disparition, peinture à la détrempe réalisée dans les années 1490 sur le mur du réfectoire du couvent des Dominicains de Santa Maria delle Grazie de Milan), de La Mona Lisa ou du Saint Jean-Baptiste du Louvre.

Toujours dans le cadre des festivités, une autre exposition fut hébergée par le Palazzo Reale à Milan. Elle ouvrit ses portes le 15 avril pour fêter le jour anniversaire de naissance du maître. Elle a constitué un événement puisqu’elle appartient à cette catégorie d’expositions qui offrent des œuvres rarement exposées au grand public.  Le journaliste a établi à cette occasion un parallèle avec l’exposition qui avait eut lieu à l’automne 2011 à la National Gallery de Londres et précisait que les visiteurs devaient s’attendre à des files conséquentes.

L’exposition de Milan était annoncée comme la plus grande exposition consacrée à Léonard de Vinci, jamais organisée en Italie. Elle présentait douze volets qui illustraient les liens étroits entre talent créatif et pensée scientifique et comment son art reste par essence lié à la conception technologique.

La biographie de l’artiste permettait de se familiariser avec les conditions de sa naissance, le contexte historique de l’époque en Italie mais aussi en Europe. De plus, le lecteur put découvrir certaines œuvres dévoilées par des historiens de l’art de réputation internationale.

Le dessin, les couleurs, la technique de la fresque et les autres aspects de la création léonardesque furent donc présentés à Milan à partir du 1er avril 2015. Pour l’occasion la ville avait revêtu ses habits et atours d’époque.

Télérama.fr

Calin GANEA

 

En avance sur son temps ?

Ce documentaire de 23 minutes, mis au jour par la chaîne National Geographic et accessible sur youtuble, est le fruit d’une étude sur les innovations technologiques décrites dans les carnets de Léonard de Vinci.

Produit et réalisé par Lisa Marconi, ce court document offre cependant une vision différente du grand Léonard, adulé pour son esprit novateur et son génie inventif en matière de science en tout genre.

Tout au long du documentaire, la voix off interprétée par Bernard Allouf, un comédien français, nous raconte les dessous des travaux du peintre. Il nous explique notamment que, longtemps considéré comme le père des machines, Leonard de Vinci, d’après l’historienne Monica Azzolini qui intervient dans le documentaire, s’est pourtant inspiré d’études et d’expérimentations de ces prédécesseurs, en les améliorant pour certaines.

Une brève introduction nous explique les différentes études de De Vinci, du scaphandre à l’hélicoptère, en passant par le char d’assaut, puis nous présente Monica Azzolini, maître de conférence à l’université d’Edimbourg, qui nous suivra tout au long de la vidéo, et enfin nous annonce les deux grandes parties de l’enquête, qui se divise en une analyse des progrès technologiques de la renaissance à l’époque du peintre et une analyse du tableau de la Joconde par des moyens modernes.

La première partie est centrée sur une problématique : Léonard était-il l’inventeur révolutionnaire que tout le monde semble croire ?

Après une brève présentation de la jeunesse de Léonardo, Bernard Allouf nous raconte que le peintre s’est en fait beaucoup inspiré des manuscrits de Mariano Taccola, un ingénieur siennois qui fit beaucoup de travaux sur les machines. Une représentation de l’homme de Vitruve dans ces manuscrits, par exemple, en ai un témoignage poignant. Pour les scaphandres, les chercheurs ont retrouvés dans ces même manuscrits des croquis grossiers de Taccola, et bien que Léonard améliore considérablement le modèle, ce n’est par conséquent pas une invention en soi mais une réappropriation d’un prototype déjà existant.

Il en est de même pour les machines volantes, que le peintre n’a pas expérimenté et qui ne pourrais pas fonctionné si l’on suivait ses directives à la lettre. Sa source d’inspiration est cette fois-ci l’histoire d’Eilmer de Malmesbury, un moine bénédictin qui, pour la première fois, tenta de voler au moyen d’ailes mécaniques et qui parcouru 200 mètres dans les airs. Cette histoire est relaté dans un manuscrit du XIIe siècle intitulé Les actions des rois d’Angleterre par Guillaume de Malmesbury.

La seconde partie de la vidéo, est plus accès sur le tableau de la Joconde, et met en valeur tous les stades de l’évolution du chef d’œuvre au moyen d’une technologie numérique moderne mis à disposition par Pascal Cotte, le directeur technique de Lumière Technology, qui permet donc de retracer l’histoire du tableau.

Néanmoins les recherches ne permettent pas d’identifier le croquis initial du tableau, en raison du sfumato caractéristique de Léonard, mais mettent en lumière les techniques de l’artiste, notamment celles des couches de couleurs successives de peinture qu’il appose dans ses tableaux.

En conclusion du documentaire, Monica Azzolini nous explique que ce n’est pas tant dans l’invention que se distingue le génie de Léonard de Vinci, mais dans la diversité des domaines auxquels il s’est intéressé, et surtout dans sa maîtrise artistique encore inimitable aujourd’hui.

CJanna.

Le Portrait chez Leonardo

« Parmi les grandes figures de la Renaissance, Leonard de Vinci nous apparaît aujourd’hui encore comme l’une des plus emblématiques. ». En effet Leonardo a pris  » ses fonctions d’artiste de la cour entre 1487 et 1490. »(1).  » Pour l’artiste de la cour, il s’agissait donc de présenter les vertus des membres de la famille ducale sous un jour favorable et d’en donner une mise en scène divertissante. Il s’agissait par ailleurs de donner un spectacle impressionnant sur les plans artistiques et techniques. Un engagement durable et glorieux comme artiste à la cour de Milan supposait donc aussi certaines compétences techniques. » (1)

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Leonardo, Portrait de Cecilia Gallerani, 1488-1490, huile sur bois, 54,8×40,3cm, Museum Czartoryski, Cracovie (Pologne), N° invent. XII-209 [http://www.muzeum-czartoryskich.krakow.pl/pl/eksploruj/trasy-tematyczne/1/80.html].

Leonardo a peint le Portrait de Cecilia Gallerani, aussi appelé Dame à l’Hermine entre 1488 et 1490 qui est une huile sur panneau de bois de 54 centimètres de hauteur sur 39 centimètre de largeur, et qui est actuellement conservée au Museum Czartoryski, à Cracovie en Pologne et enregistré sous le numéro d’inventaire XII-209.

En effet, à travers La Dame à L’Hermine, nous tenterons de montrer à vous lecteurs, quels sont les principaux termes techniques qui caractérisent le portrait chez Leonardo.

Tout d’abord, la technique du sfumato est remarquable sur les portraits de l’artiste. Sur celui-ci, la technique du sfumato apparaît au niveau du visage. (Je vous renvoie à l’article sur Les Secrets du Sfumato).

Ensuite, nous pouvons ajouter que l’une des techniques utilisées par Leonardo est celle du spolvero(2). Cette technique permettant de faire passer le dessin préparatoire sur le support de la composition picturale. Nous pouvons le retrouver « au niveau du bord de l’arrête du nez, de la lèvre supérieure et du contour droit du visage. »(1)

En ce qui concerne les portraits personnels à la Renaissance, ce sont des portraits de dévotions privées. En effet La Dame à L’Hermine est un portrait commandé par Ludovic Sforza pour justement ne pas  » représenter Cecilia comme une épouse, mais comme la maitresse de [celui-ci] »(2).

Ici Cecilia Gallerani a la tête tournée vers la droite du tableau. « Pivote à quarante-cinq degrés. »(3). En effet, ce portrait est un des « premiers portraits modernes »(4) car la jeune femme est en « contrapposto ». Pour Leonardo, « le pivotement de la tête d’un côté, puis celui du corps de l’autre, permet d’insérer dynamiquement la figure dans l’espace grâce à un mouvement tournant qui projette simultanément l’image du corps dans plusieurs directions. »(3)

C’est en réalisant ce portrait di spalla(1) que Leonardo veut montrer que le modèle est surpris. Le sentiment qui y est dégagé est celui de la sprezzatura(3) qui va exprimer le sentiment intérieur du modèle. Enfin nous pourrions ajouter que la jeune femme sur le portrait marque un sourire en coin qui laisse directement penser à La Joconde peinte quelques années plus tard. En effet cette figure souriante est un héritage de l’ « atelier de Verrocchio »(3).

M. P-A.

  1. ARASSE, Daniel, Léonard de Vinci. Le rythme du monde, Hazan.
  2. SYSON, Luke, KEITH, Larry, Léonard de Vinci. Peintre à la cour de Milan, National Gallery, Fonds Mercator, Londres.
  3. ZÖLLNER, Frank, Léonard de Vinci. Tout l’œuvre peint et graphique, Taschen, Mars 2003.
  4. Wikipédia, Spolvero, consulté le 13/03/2016 [https://fr.wikipedia.org/wiki/Spolvero].